Truman show

L'analyse

 


Il y a des films qui rendent heureux.
Truman show, Un jour sans fin et Le ciel peut attendre sont de cette race : on peut revoir ces "shows" "sans fin" et "sans attendre".

Outre la joie de vive communicative, ces films comprennent de nombreuses similitudes, à commencer par le genre. Il s'agit de films drôles mais réalistes, basés sur un phénomène extraordinaire ; ce phénomène reste peu expliqué dans les trois films, car il ne s'agit pas du centre du film :
- dans Truman show, la fabrication du show se résume au personnage de Christof, le metteur en scène.
- dans Un jour sans fin, les raisons du blocage du temps et de son redémarrage ne seront jamais développées.
- dans Le ciel peut attendre, les personnages célestes sont décrits sommairement.

En fait, le coeur des films, c'est d'avantage l'histoire que les personnages ou les aspects fantastiques des scénarios. L'histoire est d'ailleurs la même : un homme découvre la vie, suite à un événement paranormal. Dans les trois cas, au début, le principal protagoniste a une vision limitée de la vie en société. Elle est due soit à la reconstitution d'une ville artificielle et à la phobie de la mer (Truman show), soit à la célébrité et au caractère misanthrope du personnage (Un jour sans fin), soit enfin à une passion dévorante pour le sport et la musique (Le ciel peut attendre).
Dans les trois cas, l'ouverture au monde est incarné par l'amour, un couple se formant à la fin de chaque film : l'héroïne va retrouver son héros "évadé " dans Truman show ; les deux protagonistes du Ciel peut attendre vont prendre ensemble un café plein de promesses ; quant au personnage principal d'Un jour sans fin, il est déjà au lit en galante compagnie lorsque le film s'achève.
La mise en scène insiste également sur cet avenir prometteur par des plans panoramiques ou par l'image symbolique d'une fenêtre ou d'une porte ouverte sur le monde.

Les publicitaires ont retrouvé cette unité de l'intrigue avec le thème du temps : si elle est évidente, dans le titre et sur l'affiche, pour Un jour sans fin (symbolisée par une horloge sans aiguille) et Le ciel peut attendre (symbolisée par un chronomètre tenu par le héros), elle est également présente dans la durée du Truman show (symbolisée par un calendrier des jours écoulés).

Les trois films jouent également avec le même gimmick, la répétition. Ils sont nombreux évidemment dans Un jour sans fin puisque la même journée se succède sans cesse avec le même réveil, le même agent d'assurance ou encore la même cérémonie. Dans le Ciel peut attendre, ce sont les tentatives d'assassinat qui ponctuent régulièrement le film, ainsi que le même air de saxo. Quant au Truman show, le quotidien du héros s'apparente à un rituel qui commence avec le bonjour aux voisins et continue avec son travail monotone dans une compagnie d'assurance, les figurants recommençant sans cesse le même ballet.

Enfin, et il s'agit d'une coïncidence, si l'histoire est le cœur du film, elle n'est pas pour autant réellement originale : le Ciel peut attendre est un remake, le thème d'Un jour sans fin a déjà fait l'objet d'un court-métrage américain et l'ambiance du Truman show rappelle souvent celle du Prisonnier et celle d'un épisode de la série "NEW TWILIGHT ZONE", "secret service" .