John Merrick a vécu à la fin du XIXème siècle, et des photos prises à l'époque permettent de connaître son aspect ; il était affligé depuis l'enfance d'une maladie rare, la neurofibromatose, qui lui donnait une peau spongieuse et pendante. Son crâne gigantesque était déformé par des protubérances, et son visage avec sa lèvre supérieure retourné vers l'extérieur évoquait vaguement une trompe, d'où son surnom, tandis que son bras droit et ses membres inférieurs étaient particulièrement difformés. Il boitait par suite d'une maladie des hanches, et pour achever le tout, dégageait une odeur pestilentielle.
Pendant vingt ans (selon son protecteur le docteur Frederick Treves, dont le livre a été une des bases du scénario), il aurait été promené dans les fête foraines, couvert d'un chapeau proportionné à sa tête géante. C'est dans un magasin de Londres où on le montrait pour deux pennies que le découvrit Treves. " Debout ", ordonna l'homme qui l'exploitait (ce " debout " inspirera plusieurs scènes du scénario) et Treves découvrit ce qui était à ses yeux " le spécimen de l'humanité le plus abominable qui ait jamais existé ". Indigné, il fit intervenir la police pour empêcher l'exhibition, ce qui n'eut d'autre résultat que d'obliger Bytes, le propriétaire, à quitter l'Angleterre et à tenter en vain de montrer son spectacle en France et en Belgique.
Finalement, Bytes abandonna sa créature dans un train où la police l'arrêta. On trouva sur celle-ci une carte de visite laissée par Treves lors de sa visite. Contacté, le professeur s'arrangea pour trouver, dans l'hôpital où il travaillait, deux petites pièces pour loger le malheureux.
Pour subvenir à sa pension, il alerta l'opinion, et les dons affluèrent. Merrick devint un homme célèbre que l'on venait voir. Même la famille royale lui rendit visite.
Au début, on l'avait cru débile parce que la timidité, l'empêchait de s'exprimer. En réalité, il était intelligent et cultivé, adorait les romans sentimentaux, et, selon Treves, tombait amoureux de toutes les jolies femmes qui venaient le voir, sanglotant des marques d'amitié et de gentillesse que celles-ci lui témoignaient.
On le découvrit mort dans son lit en avril 1890. sa tête énorme ayant rompu ses vertèbres cervicales. A cause d'elle en effet, il ne pouvait dormir qu'assis, appuyé sur des coussins et la tête dans les genoux ; et aurait péri du souhait de dormir comme tout le monde.
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