Leone manie la caméra avec un brio sans cesse heureux : on notera l'art raffiné avec lequel il compose des images dont l'impact est constant, on soulignera son emploi du gros plan dans la surface de l'écran large, son adresse au maniement des foules et la précision de son montage.
Lorsqu'un film contient autant de points positifs que the good, the bad and the ugly, où commencer? Le générique du début figure parmi les plus brillants. Pas seulement brillant pour son côté esthétique (il est très beau et stylisé), mais aussi pour son rôle dans l'histoire. En effet, à l'aide de quelques images seulement, il nous en apprend énormément sur les personnages et leurs tempéraments. C'est donc avec énormément de panache que Leone amorce son film, et il arrive à maintenir ce génie pendant les 165 minutes de sa durée.
Les scènes durant lesquelles nous rencontrons les protagonistes pour la première fois sont renversantes, particulièrement celle mettant en vedette "The Bad ". Des plans de caméras recherchés jumelés à un silence angoissant nous offrent beaucoup de sensations. Est-ce qu'une image vaut toujours mille mots? Peut-être pas, mais dans ce cas, absolument.
La plus belle astuce du film réside dans la dissymétrie de l'ironie appliquée aux étiquettes des personnages : celle qui s'exerce sur la brute repose sur les conventions. Au contraire, celle qui s'exerce sur les deux autres mine la convention cinématographique du bon et du méchant en l'empêchant de fonctionner. De la rencontre de ces deux dominantes naît l'impossibilité de prévoir l'issue de l'histoire.
La mise en scène est infiniment plus élaborée que dans A fistful of dollars et For a few dollars more (à l'exception peut-être de la scène finale) : le résultat est plus efficace. Il s'agit d'une magnifique fresque et de l'un des meilleurs films du genre. En un mot, JUBILATOIRE.
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